par Cerfrance Vendée | Sep 9, 2014 | Grandes Cultures
L’exploitation moyenne spécialisée

L’année 2013 a été marquée dans notre région par un hiver et un printemps froids et humides : les conditions d’implantation ont été difficiles et des parcelles ont pu être resemées en cultures de printemps. La chaleur estivale et le temps sec ont permis de récolter les céréales à paille et le colza dans de bonnes conditions, mais elles ont impacté négativement les rendements en maïs grain. Aussi les rendements moyens en céréales et en oléagineux sont en baisse par rapport à 2012, et se situent au mieux dans la moyenne décennale.
Le résultat par actif familial est en diminution : il s’affiche en moyenne à 38 300 €, soit moins 15 000 € en un an. Toutefois, il reste au niveau de sa moyenne quinquennale.
Cotation du blé rendu Rouen
Au niveau mondial, les récoltes 2013 de céréales et d’oléagineux sont exceptionnelles : les blés de la Mer Noire et de Roumanie concurrencent les blés français sur les marchés du Maghreb et du proche Orient, d’autant plus que la qualité des blés français (taux de protéines) n’est pas au rendez vous. En fin d’année, les exports russes se tarissent et la demande reste ferme (Maghreb, Asie) permettant aux blés français de retrouver une seconde dynamique. En maïs, la récolte américaine recouvre son niveau d’avant la sécheresse 2012 et vient s’ajouter aux bonnes récoltes en Amérique du Sud et en Ukraine, d’où une chute plus prononcée des cours du maïs. Enfin, les récoltes record de colza et de tournesol entrainent un recul très marqué des cours des deux oléagineux dès le printemps.
En parallèle, certaines charges sont en hausse : c’est le cas des intrants, des travaux par tiers, du prix des carburants, et des cotisations sociales des exploitants (dont le calcul est basé sur les bons revenus des années précédentes).

Quelques cultures au crible
Les marges brutes par hectare à la récolte 2013 sont en net recul : de moins 39 % en blé à moins 52 % en colza. La chute des prix de vente se conjugue avec la baisse des rendements :
moins 40 à moins 55 € par tonne sur le prix de vente des céréales et moins 110 à moins 130 € par tonne en oléagineux,
moins 5 à moins 10 qx par hectare en céréales et moins 4 à moins 5 qx par hectare en oléagineux.
De plus, les charges d’intrants sont en hausse de 20 à 30 € par hectare selon les cultures.
La récolte 2014 s’annonce importante en volume. La production mondiale de blé est attendue à nouveau à près de 700 Mt grâce aux bonnes conditions climatiques dans l’hémisphère Nord. En maïs, sauf accident climatique cet été aux Etats Unis, le bilan mondial devrait être lourd et peser sur l’ensemble des cours des céréales. Aussi, l’orientation baissière de ce printemps devrait se confirmer à la récolte. Les craintes liées à l’apparition du phénomène El Nino dans l’hémisphère Sud pourrait limiter la baisse des prix, mais plutôt dans un second temps. Enfin, l’évolution du marché mondial restera très dépendante du dynamisme de la demande, en particulier chinoise (évolution de ses stocks, politique vis-à-vis des cultures OGM américaines, etc.) et des éventuels soubresauts du conflit ukrainien.
Dans ce contexte d’une nouvelle baisse des prix de vente, et d’une érosion des aides PAC, la connaissance du coût de revient de ses cultures est indispensable pour analyser la structuration de ses coûts et leur évolution possible.

par Cerfrance Vendée | Sep 9, 2014 | Cuniculture
Exploitation moyenne spécialisée

Résultats économiques et financiers
Avec un résultat d’exercice de 20 500 €/UTAF, la rentabilité des élevages de volailles diminue sensiblement. La production de poulets est toujours favorisée par une bonne dynamique à l’exportation alors que le marché de la dinde s’effrite. De plus, la conjoncture en canards se dégrade.
L’évolution défavorable du coût alimentaire, et l’impossibilité de répercuter cet effet sur les prix de vente engendre une réduction du niveau des marges brutes au m² chez les éleveurs..

Les marges brutes au m2
En 2013, les marges brutes diminuent dans l’ensemble des productions.
Le canard souffre de manière conséquente


Critères technico-économiques en lapins
Les niveaux de marge brute 2013 se maintiennent au niveau de 2012. la valorisation des lapins s’adapte au coût alimentaire pour assurer un relatif maintien des marges.

par Cerfrance Vendée | Sep 9, 2014 | Porc
Exploitation moyenne spécialisée

Les exploitations porcines spécialisées en Pays de la Loire ont réalisé en 2013 des investissements significatifs pour mettre aux normes bien être leur outil et le moderniser. Contrairement aux années précédentes, le capital d’exploitation par truie enregistre donc une hausse de 15 à 20 % et le niveau d’annuités dépasse les 400 € en moyenne par truie.
Avec 172 truies présentes, la taille de l’élevage naisseur engraisseur spécialisé a connu une hausse de 35 % en 10 ans. Celle-ci est liée à l’arrêt de petits élevages, et au développement des ateliers restants. Dans le même temps, la productivité de la main d’œuvre a évolué moins vite (+ 9 %) : le choix de recourir à des salariés a sans doute limité la capacité d’investissement dans l’amélioration de l’efficacité de la main d’œuvre.

Résultats économiques et financiers
En juillet 2013, le résultat net par UTAF des producteurs spécialisés s’élève à 36 200 €. Il est en baisse de 6 000 € en un an avec les reculs simultanés des marges cultures de vente et de la marge sur l’atelier porc.
Le taux d’endettement global est en retrait d’un point. Les dettes à moyen terme progressent suite à la hausse des investissements et les dettes à court terme s’accroissent à nouveau sous l’effet de la forte augmentation du prix de l’aliment en 2013. Toutefois, les résultats diminués des prélèvements privés maitrisés des exploitants ont permis de conforter les capitaux propres des élevages.
La trésorerie nette globale chez les éleveurs naisseurs engraisseurs spécialisés se dégrade de 30 € par truie en un an. 36 % des élevages se situent au-delà du plafond de leur ouverture de crédit. La conjoncture 2013 a fragilisé à court terme les élevages au moment où ceux-ci devaient investir pour garantir leur accès au marché.
Prix du porc et coût de l’aliment

Au Marché du Porc Breton, le prix moyen pour l’année 2013 s’établit à 1,464 € du kg de carcasse, soit une progression d’un centime par rapport à 2012.
La morosité de la consommation européenne et les difficultés à l’export à partir de l’automne ont stoppé la hausse du prix du porc consécutive à la baisse de production dans la plupart des états membres de l’Union.
Le prix de l’aliment IFIP pour les porcs à l’engrais se situe à 290 € la tonne sur 2013, soit une hausse de 23 €. Il a progressé plus vite (+ 9 %) que le prix de vente au MPB (+ 1 %).
Critères technico-économiques

En 2013, le coût de revient atteint 1,717 € par kg de carcasse. Il est en hausse de 18 cts entre juillet 2013 et juillet 2012. Malgré des performances techniques en légère progression, l’augmentation du prix de l’aliment est directement responsable d’une hausse du coût alimentaire de 13 cts du kg. Contrairement aux années précédentes, les charges de structure augmentent et ceci impacte de + 3 cts le coût de revient.
Coût de revient en 2013 : 1,717 € / kg de carcasse

Avec un prix de l’aliment en hausse (le coût alimentaire représente 64% du coût de revient), l’indice de consommation global (ICG) est le premier levier d’optimisation économique devant la productivité des truies. Une baisse de 0,1 point d’ICG équivaut à un gain de 70 € de marge brute par truie présente ou 13 000 € pour l’élevage moyen.
En juillet 2013, le prix de vente perçu par l’éleveur (1,647 € / kg) ne permet pas de faire face au coût de revient ; il manque en moyenne 7 cts du kg de carcasse. Autrement dit, deux éleveurs sur trois sont dans l’incapacité de rémunérer en totalité leur main d’œuvre.
Sur le premier semestre 2014, la baisse du prix de l’aliment (- 10 € la tonne par rapport au 1er semestre 2013) semble insuffisante compte tenu de la nouvelle dégradation du marché du porc (fermeture des frontières russes au porc européen).
Cependant, les perspectives de consommation favorables à moyen terme (marchés asiatiques en particulier) doivent inciter la filière française à se mobiliser pour être en capacité d’exporter et pour mieux gérer la double volatilité prix de vente du porc / prix de l’aliment. C’est à ces conditions que les éleveurs de notre région retrouveront de la visibilité pour se positionner en terme de stratégie et pour profiter des embellies de conjoncture à venir.
par Cerfrance Vendée | Sep 9, 2014 | Caprin
Exploitation moyenne spécialisée

Deuxième région productrice de lait de chèvres, les Pays de la Loire se distinguent par des tailles de troupeaux très élevées : plus de 340 chèvres (260 au niveau national). Chez les éleveurs spécialisés, nous atteignons 424 chèvres.
Répartition des élevages en fonction de leur taille

Concernant la taille des élevages Ligériens, plus des deux tiers détiennent encore moins de 300 chèvres, mais la part de très grands troupeaux augmente significativement.
Résultats économiques et financiers
En 2013, le résultat net s’élève à 13 800 €. La rentabilité des élevages recule sévèrement pour la deuxième année consécutive. Le prix du lait ne s’améliore qu’en fin d’année. D’autre part, le coût alimentaire poursuit sa hausse, pénalisant les élevages, et notamment ceux ayant opté pour des rations sèches.

par Cerfrance Vendée | Sep 9, 2014 | Bovin

Les exploitations spécialisées en viande bovine regroupent des structures avec des modes de production très variés : naisseurs, naisseurs-engraisseurs (avec ou sans achat complémentaire), engraisseurs.
L’amélioration de la conjoncture en viande bovine ralentit la spirale de diminution de la production. Les Pays de la Loire conservent un dynamisme même si le cheptel ne progresse plus.
Résultats économiques et financiers
En 2013, le résultat net s’élève à 22 500 € / UTAF, en nette baisse par rapport à l’année dernière. Le prix de la viande bovine se maintient à un bon niveau mais le prix de l’aliment pèse encore beaucoup sur la rentabilité de ces ateliers.
Enfin, le montant de capital progresse de manière presque continue.

Avec la mise en place du découplage des aides à l’engraissement de taurillons, la volonté ou non d’engraisser des broutards ne dépend plus totalement de l’outil de production (surface, bâtiment, proximité des partenaires de la filière). Les critères économiques deviennent des paramètres incontournables qui aident à la prise de décision :
– le prix des broutards
– le prix des céréales
– le partage du risque
Ces éléments deviennent encore plus déterminants dans la décision ou non de la mise en place d’un lot d’animaux à engraisser.

Le coût des aliments élevé et un marché plutôt dynamique n’incitent pas les producteurs à accroître leur cheptel. La diminution du chargement constitue une alternative pour alléger le coût de production. Notons qu’il n’y a pas eu de décapitalisation franche dans la région des Pays de la Loire.
