COVID-19 : les mesures spécifiques pour la filière viticole

COVID-19 : les mesures spécifiques pour la filière viticole

A l’issue d’une réunion entre plusieurs ministres et les acteurs de la filière viticole le 11 mai, trois mesures de soutien exceptionnelles et spécifiques au secteur pour assurer la stabilité du marché et la poursuite de leur activité ont été annoncées.

Il s’agit :

  • des exonérations de cotisations sociales pour les TPE et PME les plus en difficulté ;
  • un dispositif de distillation de crise à hauteur de 140 millions d’euros ;
  • une relance de notre demande d’un fonds de compensation au niveau européen.

Le 29 mai, de nouvelles mesures de soutien exceptionnelles et spécifiques au secteur pour assurer la stabilité du marché et la poursuite de leur activité ont été annoncées pour 30 millions d’euros venant s’ajouter aux 140 millions annoncés le 11 mai :

  • Ouverture d’une mesure d’aide au stockage privé à hauteur de 15M€ pour 2Mhl complémentaire à la distillation de crise ;
  • Une augmentation de l’enveloppe de distillation de crise de 5 millions d’euros pour des prix d’achat fixé à 78€/hl pour les vins AOP/IGP et à 58€/hl pour les VSIG ;
  • Une aide aux distilleries à hauteur de 40€/hlap pour une enveloppe totale de 10M€ ;
    Le Gouvernement a également confirmé que les entreprises de la filière viticole particulièrement affectées par la crise économique et sanitaire seront bien éligibles aux dispositifs d’exonération de cotisations sociales patronales qui seront adoptés dans la prochaine loi de finance rectificative.

Ce dispositif vient en complément de l’ensemble des mesures de soutien transversales aux entreprises (chômage partiel, fonds de solidarité, garanties à l’export, exonérations à venir des charges sociales…) déjà mis en place par le gouvernement.

PAC 2020 : Vous avez jusqu’au 8 juillet  demander la dérogation pour la diversité des cultures

PAC 2020 : Vous avez jusqu’au 8 juillet demander la dérogation pour la diversité des cultures

Les exploitants qui ne respectent pas le critère de diversité des cultures à cause des aléas climatiques ayant eu lieu fin 2019 début 2020 peuvent solliciter la DDTM afin d’obtenir une dérogation sur ce critère.

Dans le cadre de la PAC 2020, chaque agriculteur se doit de respecter plusieurs critères pour bénéficier du paiement vert. L’un de ses critères est la diversité des cultures, c’est-à-dire, avoir au moins 3 cultures différentes en dehors des prairies et cultures permanentes, les vignes, etc. qui ne sont pas éligibles.  Fin d’année 2019 et début 2020, la météo exceptionnelle a empêché le semis des cultures d’hiver et/ou les a détruites. Cultures qui étaient comptabilisées pour la campagne PAC 2020 et n’ont pas plus être ressemées ou remplacées.

Les exploitants concernés par ce non-respect de la diversité du fait des aléas climatiques peuvent faire une demande de dérogation à la DDTM. Les demandes sont à envoyer avant le 8 juillet 2020.

La demande se fait sous forme de courrier et doit contenir les éléments suivants :

  • Les parcelles concernées
  • Les cultures initialement prévues entre le 15/10 et le 15/03 ou détruites sur ces parcelles
  • Les raisons pour lesquelles elles n’ont pas pu être (ré)implantées (conditions pédoclimatiques, topologie du terrain, photographies des parcelles, semences, etc.)

C’est à l’exploitant d’apporter la preuve qu’il ne pouvait pas éviter les dégâts et que la mise en conformité n’était pas possible.

Attention : Les parcelles concernées doivent avoir un couvert admissible déclaré à la PAC.

Les demandes sont à adresser avant le 08 juillet 2020 :

Directive nitrate : réalisation d’un reliquat post-récolte

Directive nitrate : réalisation d’un reliquat post-récolte

Le 6ème programme d’action régional de la directive nitrate impose depuis l’année dernière la réalisation d’un reliquat post-récolte pour les parcellaires bénéficiant de la dérogation à l’implantation d’une couverture hivernale des sols. Une analyse par exploitation suffit.

Sont concernés par ce reliquat post-récolte :

  • Ilots culturaux nécessitant un travail du sol avant le 15 novembre et où le taux d’argile est strictement supérieur à 37%. C’est le cas du Marais Poitevin et du Marais Breton.
  • Ilots destinées à une culture porte-graine à « petites » graines », nécessitant un travail du sol avant le 15 novembre en vue de la bonne installation de la culture porte-graine
  • Ilots culturaux faisant l’objet d’un contrat dans la zone Natura 2000 « ZPS Plaine Calcaire du Sud Vendée » dans le cas d’un maintien des chaumes en interculture.

L’analyse de reliquat post-récolte est donc à réaliser sur une parcelle qui aura un sol nu cet hiver (quel que soit le point de dérogation concerné), avant tout travail du sol et sur un horizon 0-30 cm à minima.

Les résultats d’analyse sont à conserver avec le plan de fumure, en cas de contrôle.

Le reliquat post-récolte est également une mesure qui doit se réaliser dans certains cas sur des parcelles en monocultures de maïs. En cas de trois cultures successives, il est laissé au choix selon la DN6, soit l’implantation d’une CIPAN sous couvert du 3ème maïs, soit une analyse de reliquat post-récolte par tranche de 10ha de surfaces en monoculture afin d’adapter la fertilisation de la culture suivante. La feuille de résultats de cette analyse post-récolte est à conserver dans le cahier d’enregistrement.

Nos conseillers Cerfrance accompagnent les agriculteurs pour réaliser les reliquats post récolte.

Vous êtes intéressé ? Cliquez ICI


Pour toutes questions, contactez Diane DENTINGER 06.60.57.62.11

Une filière Volailles de chair qui doit s’adapter aux nouveaux modes de consommation

Une filière Volailles de chair qui doit s’adapter aux nouveaux modes de consommation

La consommation de volailles dans le mode progresse toujours et les indicateurs sont aux verts. En France, les opérateurs doivent faire face à des enjeux importants avec des modes de consommation qui évoluent très vite, une pression sociétale qui entraîne une hausse des coûts de revient dans les élevages et une forte concurrence étrangère. Le confinement a eu aussi des effets très importants sur la consommation de volailles festives.

Stabilité dans les volumes de production en 2019 sauf en canard de chair

  • Le niveau d’abattage en volaille de chair a baissé de 1.9 % en 2019/ 2018 avec  -2 % en poulet, – 4.3 % en canard gras et – 3.8 % en Dinde
  • Les tendances se poursuivent sur les 4 premiers mois de 2020 avec une baisse globale de 2.1 % avec une forte baisse de la production de canard de chair (-12 %) et de pintade ( -10 %). En dinde, la production repart doucement avec + 1.5 %.
  • Les mises en place augmentent en poulet avec + 4 % dans un contexte assez porteur mais continuent leurs fortes baisses en canard ( – 11 %) et pintades (-27 %)

Une hausse globale de la consommation en 2019 tirée par la RHD

La consommation globale de volaille a progressé de 1.7 % en 2019 avec une légère baisse sur les achats des ménages et une hausse de la consommation en RHD. Cette tendance s’est bien sur inversée pendant la période de confinement et on ne sait pas encore si elle aura un impact durable sur les habitudes de consommation. La part de poulet entier  (PAC) continue de chuter fortement.

En 2019, la hausse de consommation est équivalente à la hausse des importations ce qui montre que recentrer la consommation vers de la volaille française est un objectif difficile à atteindre. Les dernières tendances 2020 montrent une baisse de  volaille importée (-11.5 % sur les 12 derniers mois) avec une part dans le volume consommé qui baisse mais reste à plus de 40 %.

Un impact du confinement très fort sur certaines productions

La fermeture des restaurants et l’arrêt des repas de famille dans presque toute l’Europe a entrainé une chute très importante de la consommation en volailles festives : canards, pintade, pigeons, cailles. Les producteurs de volailles démarrés sont aussi en difficultés avec l’arrêt de certains marchés ou jardinerie. La consommation de poulet s’est maintenue avec une réorganisation nécessaire des filières et quelques soucis dans l’équilibre matière. Le COVID a eu aussi un impact sur l’organisation des filières mais il y a eu peu de retard dans l’enlèvement des volailles en général.

Bien-être Animal : une pression de plus en plus forte

De nombreux distributeurs commencent à communiquer sur le BCC (Better Chicken Commitment). Ce cahier des charges initié par des organisations de défenses des animaux en 2017 est basé sur des croissances plus lentes, une diminution de la densité et de la lumière naturelle. L’ITAVI a estimé que ce cahier des charges peut entrainer une hausse des coûts de production de + 27 % en élevage et + 10 % en abattoir (modification des méthodes).

De son côté, l’ANVOL (Nouvelle interprofession regroupant toutes les filières volailles) a un plan ambitieux avec 50 % de volailles en 2025 avec accès à parcours et/ ou lumière naturelle, une limitation des importations de protéines végétales et une réduction des antibiotiques. Elle demande en contrepartie des aides financières conséquentes à l’investissement et l’étiquetage obligatoire pour indiquer la provenance. Les intentions récentes du gouvernement vont dans le sens de relocaliser la production française  mais quels seront les moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif ?

Les consommateurs sont-ils prêts à payer le prix de la volaille française ?

Les enquêtes post-confinement montrent que les Français en grande majorité et surtout les plus jeunes veulent consommer plus local et plus responsable mais quel sera l’arbitrage dans un contexte économique plus difficile. Le facteur prix restera important et surtout en consommation hors domicile qui prend une part de plus en plus grande. LDC a annoncé qu’il suspendait pour le moment son projet d’abattoir à Châteaulin (29) qui était prévu pour reconquérir le marché intérieur de la RHD mais il investira dans un abattoir neuf à Bignan (56). Les opérateurs souhaitent dans un premier temps stabiliser le niveau de l’import et s’adapter à l’évolution du marché de consommation.

Evolution des marges brutes des éleveurs en Vendée

Seules les marges canards baissent en 2019 en raison de l’allongement des vides sanitaires. Le critère de MB / m² est calculé uniquement sur les surfaces en canard et ne prend pas en compte les mises en place de poulet dans les bâtiments canard avec une marge / m² moins élevée. Les marges dindes progressent de 4 € / m² en 3 ans avec une amélioration technique globale. La marge moyenne Poulet est très stable depuis 5 ans mais elle cache de grande disparité entre les éleveurs.

Les marges poulets bio se tassent de 5 € / m² en 2 ans dans un contexte plus tendu au niveau de l’équilibre offre demande. Les marges poulets label sont stables.

Evolution de l’EBE / UTH et des investissements

L’EBE est stable avec une hausse des annuités en lien avec les investissements d’où un tassement du revenu disponible qui passe de 21 500 € / UTH en 2018 à 19 700 € / UTH en 2019. Les écarts de revenu disponible sont très importants avec 16 % en revenu négatif et  31 % à plus de 30 000 € / UTH.

Le niveau d’investissement / UTH reste le plus important de toutes les productions agricole en 2019 en lien avec des bâtiments neufs. Les aides des opérateurs, les aides PCAE et le besoin de renouvellement du parc ont dopé les investissements. Depuis quelques mois, les opérateurs sont plus prudents dans le développement dans l’attente d’indicateurs plus clairs sur l’évolution des marchés.

Eric EGRON – Conseiller spécialisé – Cerfrance Vendée