En élevage allaitant, les vaches mères et les taureaux constituent le cœur de l’outil de production. Pourtant, lorsqu’on parle d’investissements, on pense souvent d’abord aux bâtiments ou au matériel.
Or, un troupeau reproducteur représente un capital conséquent. Comme un tracteur ou un bâtiment, un animal reproducteur a une durée de vie limitée. C’est pourquoi son coût peut être réparti sur plusieurs années grâce à l’amortissement des élevages allaitants.
Amortissement des élevages allaitants : un principe simple
L’amortissement consiste à répartir le coût d’acquisition de l’animal (achat) ou les frais d’élevages nécessaire jusqu’à la phase de reproduction sur sa durée de vie dans l’élevage.
Cette pratique permet de mieux refléter la réalité économique de l’exploitation et d’anticiper les charges.
Quels animaux peuvent être amortis en élevage allaitant ?
Dans les élevages allaitants, peuvent être amortis :
Les vaches mères achetées
Les génisses produites ou achetées destinées à la reproduction
Les taureaux reproducteurs
Les animaux destinés à être vendus, engraissés ou commercialisés restent en stock et ne sont pas concernés par l’amortissement.
Quelle durée d’amortissement retenir ?
La durée doit être cohérente avec les pratiques de l’élevage. Dans les troupeaux allaitants, on retient :
7 ans pour une vache mère
5 ans pour un taureau
Attention lors de la réforme
Lorsqu’une vache ou un taureau est vendu en réforme, il faut tenir compte de la valeur restante.
Selon le prix obtenu et les amortissements déjà pratiqués, il sera constaté une plus-value professionnelle. Cette dernière est à bien appréhender lors des années de renouvellement important ou lorsque les cours des animaux de réforme évoluent fortement.
Le conseil de l’expert
Dans les élevages allaitants, le renouvellement des vaches mères et le choix de l’amortissement représentent des enjeux économiques et fiscaux majeurs, qui nécessite un suivi rigoureux mais essentiel.
Nos conseillers Cerfrance Vendée peuvent vous accompagner pour mesurer les impacts de cette évolution.
Retrouvez ci-dessous l’analyse économique de nos experts et les perspectives de la production laitière pour les années à venir.
Un exercice 2024 de transition, après 2 années exceptionnelles
L’année 2024 est marquée par une relative stabilité du prix du lait, une amorce de baisse du coût alimentaire, et une progression tendancielle des charges de structure. Le prix payé a amorcé une hausse sur fin 2024, en parallèle de la baisse de l’aliment et de la hausse du produit viande, tendances qui se sont poursuivies en 2025.
Point de vigilance toujours important face à l’inertie de la hausse des charges de structure, qui en 2024 dégrade les résultats des éleveurs laitiers, couplées à des marges culturales souvent catastrophiques.
L’enjeu de la sécurisation du revenu reste primordial face aux aléas du marché et climatiques.
Retrouvez ci-dessous l’analyse économique de nos experts et les perspectives de la production laitière pour les années à venir.
Un exercice 2023 exceptionnel, dans la continuité de 2022
La forte progression du prix payé aux producteurs a profité à la consolidation financière et à l’amélioration des revenus des exploitations laitières. Le prix payé a amorcé une baisse sur fin 2023, en parallèle de la hausse conjoncturelle des charges (aliments, engrais, charges de structure notamment). Point de vigilance important face à l’inertie de la hausse des charges de structure.
Enjeu incontournable de sécurisation du revenu, dans un contexte de réchauffement climatique propice aux évènements climatiques exceptionnels.
Retrouvez ci-dessous l’analyse économique de nos experts et les perspectives de la filière laitière pour les années à venir.
L’analyse économique 2022 de la filière laitière
En 2022, l’EBE/UTH décolle à 87 226 €, bien au-dessus des moyennes de 50-60 000 € dégagées depuis plusieurs années, post crise laitière. Concernant l’utilisation de l’EBE, les rapports s’inversent, avec un disponible pour prélèvements qui frôle les 60% contre 40% historiquement. L’ensemble des résultats de la filière se trouvent ci-dessous :
Nos conseillers spécialisés Cerfrance Vendée ont réalisé une analyse des résultats technico-économiques 2020 des différentes filières agricoles vendéenne, dont la filière laitière.
Résultats économiques filière laitière
Avec l’accroissement de la productivité, les charges de structure par UTHe augmentent globalement de 6 à 10 000 € par rapport à 2019.
Cette augmentation est principalement marquée chez les exploitations du quart supérieur. En revanche, le montant ramené au 1000 L ou à l’hectare tend à diminuer sur un an. Ceci, du fait de la dilution des charges dans le volume supplémentaire.
Point de vigilance tout de même, les économies d’échelle ne semblent pas être au rendez-vous concernant les charges de structure en production laitière (peu de variations ramenées au 1000 L en comparant les différents groupes).
Retrouvez tous les résultats de la filière ci-dessous :
Malgré des résultats 2020 de la filière laitière proches de ceux de 2019 en termes de revenus disponibles, on note de fortes disparités chez les éleveurs.
Les exploitations laitières continuent de grossir
2020 est marqué par une augmentation de la taille des structures vendéennes spécialisés en production laitières.
Depuis 2016, le litrage est passé de 700 000 L à près de 850 000 L par exploitation. Les petites exploitations voient leur litrage rester stable sur 1 an, au contraire des plus grosses structures qui tendent à la hausse. Le salariat continue de se développer pour atteindre près d’un mi-temps en moyenne. La productivité de la main d’œuvre continue d’augmenter.
En 2020, les capitaux propres augmentent à nouveau en production laitière. Avec la stagnation de la rentabilité dégagée se pose la question de la reprise des exploitations dans un contexte où seulement 2 installations sont réalisées contre 3 départs.
La marge brute / 1000L suit l’évolution de 2019 de la filière laitière
Sur le premier semestre, l’évolution positive des prix se ressent dans la marge brute (+ 11€/1000L vs T2 2019). En revanche, la forte inflation des charges, notamment alimentaires, sur le second semestre, vient pénaliser la marge brute des exploitations laitières. La marge brute moyenne est finalement très proche entre 2019 et 2020.
Un EBE/UTH élevé est associé à une bonne performance technico-économique
Selon le critère de tri EBE/UTHe, un écart de 28 €/1000 L est observé sur la marge brute entre le groupe de tête et le groupe de queue. A noter que cet écart se resserre de 6€ en comparaison de 2019, principalement lié à l’amélioration des résultats du quart inférieur.
Cette différence s’explique par une meilleure maîtrise du coût alimentaire (concentrés + fourrages) pour le groupe de tête et une moindre perte d’animaux.
Les revenus disponibles de la filière laitière
58 % des exploitations laitières spécialisées dégagent un revenu disponible au-dessus de 20 000€/UTHe
Finalement, le groupe dégageant le meilleur EBE/UTHe allie dimension et performances techniques. Une telle performance se traduit aujourd’hui par des investissements plus importants et plus récents, et donc des capitaux mobilisés plus conséquents.
Bien que les remboursements bancaires soient presque 3 fois supérieurs dans les exploitations du quart supérieur, le revenu disponible passe lui du simple au quadruple par rapport au quart inférieur.
Avec la fusion du PCAE et de la partie bien-être animal et biosécurité du plan de relance, de nouveaux critères et de nouveaux investissements ont été intégrés au cahier des charges de la filière élevage ruminant.
Quel est le seuils d’éligibilité au PCAE élevage ruminant ?
Le cheptel minimum est de 50 brebis (ovins) et de 45 chèvres (caprins).
Investissements Bien-être animal et biosécurité dans le cadre du PCAE élevage ruminant
Les projets qui seront éligibles à la partie du plan de relance sont les projets extérieurs (hors bâtiment). Quelques exemples :
Terrassement, dalles stabilisantes, etc.
Aires d’exercice, aire de transfert, etc.
Parc de contention, parc de tri avec aire stabilisée
Aménagement de chemin de pâturage, de clôture fixe ou mobile, etc.
Aménagement de plateforme d’équarrissage, bac d’équarrissage
Plus spécifiquement pour les veaux de boucherie, les investissements éligibles concernent la rénovation/ la construction du logement en dehors de l’alimentation et de l’abreuvement :
Les experts agricoles Cerfrance ont analysé pour vous l’impact du Covid-19 sur les tendances économiques nationales des différentes filières agricoles.