Pour changer notre regard, nous pouvons commencer par changer les mots que nous utilisons. Au lieu de parler d’entreprise agricole en difficulté, nous pourrions plutôt parler d’entreprise rencontrant une difficulté.
En effet, lorsque l’on évoque les difficultés d’une entreprise, de nombreux chefs d’entreprise pensent immédiatement à des situations extrêmes : perte de l’entreprise, dépôt de bilan, échec ou encore honte. Ces mots font peur.
Pourtant, tout chef d’entreprise sait que la vie d’une entreprise ne suit jamais une trajectoire linéaire. Elle évolue par cycles, avec des phases de croissance, de ralentissement, d’adaptation et de renouveau. Toute entreprise a vécu ou vivra tôt ou tard une difficulté.
Les aléas font partie de la vie d’une entreprise
Une entreprise agricole rencontrant une difficulté est avant tout une entreprise confrontée à une situation ponctuelle :
Un problème sanitaire
Des contraintes climatiques
Une hausse brutale des charges
La perte d’un client stratégique
Une difficulté sociale : arrêt de travail, conflit
Ces événements peuvent fragiliser une entreprise même lorsqu’elle est saine et bien gérée.
Ils peuvent entraîner :
Des tensions de trésorerie
Des échéances fiscales ou sociales difficiles à honorer
Des relations plus compliquées avec les partenaires
Face à la difficulté, trois réactions sont possibles
Lorsqu’une difficulté survient, le chef d’entreprise a généralement trois options :
Subir et espérer que la situation se résolve d’elle-même
Tenter de s’en sortir seul, au prix de sacrifices personnels, financiers et humains
Ou réagir rapidement et se faire accompagner
Être accompagné : une décision de gestion
Contrairement aux idées reçues, être accompagné lorsqu’une entreprise rencontre une difficulté ne signifie pas préparer un dépôt de bilan.
Il existe de nombreux dispositifs mobilisables dès les premiers signes d’alerte. Souvent méconnus, ils permettent d’enrayer une difficulté avant qu’elle ne s’aggrave et qu’elle ne conduise au dépôt de bilan.
Être accompagné n’est pas un aveu d’échec. C’est au contraire une décision de gestion responsable qui permet de préserver les marges de manœuvre de l’entreprise.
L’expertise Cerfrance à votre service
À la moindre difficulté, parlez-en à un conseiller Cerfrance, qui pourra vous aider à identifier les solutions les plus adaptées à votre situation.
Dans les prochaines semaines, au travers d’une série d’articles, nous vous proposerons de découvrir concrètement les dispositifs qui peuvent être mobilisés.
L’Établissement public du Marais poitevin (EPMP), en sa qualité d’Organisme Unique de Gestion Collective (OUGC), lance la campagne de recensement des besoins en eau pour la campagne d’irrigation 2027, couvrant la période du 1er avril 2027 au 31 mars 2028.
Qui est concerné ?
En Vendée, tous les exploitants agricoles situés sur le bassin d’alimentation de la Baie de l’Aiguillon sont concernés, quelle que soit l’origine de l’eau utilisée pour l’irrigation :
Forage
Prélèvement en cours d’eau
Réserve de substitution
Réserve collinaire
Une déclaration obligatoire avant le 2 novembre 2026
Les irrigants doivent transmettre leur demande de volume d’eau avant le 2 novembre 2026.
Cette démarche est indispensable : seuls les exploitants ayant déposé une demande pourront bénéficier d’une autorisation d’irrigation pour la campagne 2027.
Quels volumes d’eau déclarer ?
Les besoins à recenser concernent :
Les volumes nécessaires à l’irrigation estivale 2027
Les besoins de remplissage hivernal des réserves pour la période 2027-2028
Les éventuels forages destinés au remplissage des ouvrages de stockage
Comment effectuer sa demande ?
La demande peut être réalisée :
En ligne
Ou via un formulaire papier à transmettre à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, qui intervient comme OUGC délégué sur le territoire vendéen.
Les exploitants concernés sont invités à anticiper leurs démarches afin de garantir la prise en compte de leurs besoins en eau pour la campagne d’irrigation 2027.
Le renouvellement des générations en agriculture représente un défi essentiel pour l’avenir du territoire vendéen. Dans cette perspective, le Prix de l’Installation en Agriculture 2026 en Vendée, porté par les Jeunes Agriculteurs de Vendée, a pour objectif de mettre en lumière les jeunes récemment installés. Il valorise également la richesse des parcours et la diversité des projets agricoles.
Conditions de participation au Prix de l’Installation en Agriculture 2026
Ce concours s’adresse aux agriculteurs et agricultrices ayant bénéficié des aides à l’installation entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, et assujetti(e) à l’AMEXA.
Les candidats sont invités à présenter leur parcours, leurs motivations ainsi que les particularités de leur exploitation via un dossier simplifié, à transmettre avant le 10 octobre 2026.
Après une lecture des dossiers par le Conseil d’Administration des Jeunes Agriculteurs de Vendée, une première sélection est réalisée. Les finalistes seront ensuite invités à défendre leur projet devant un jury composé d’acteurs du secteur agricole et de partenaires, parmi lesquels Cerfrance Vendée.
Les lauréats seront distingués lors du salon Tech’Élevage. Ils deviendront également des ambassadeurs de l’agriculture régionale, avec une mise en avant à travers différents supports (portraits, vidéos).
Partenaire du Prix de l’Installation, Cerfrance Vendée réaffirme son engagement auprès des jeunes exploitants. À travers ce soutien, Cerfrance valorise l’initiative, encourage l’innovation et la diversité des projets, et accompagne jeunes installés dans la réussite de leur parcours professionnel.
Pour les installations en cogénération arrivant en fin de contrat, la conversion vers l’injection peut être envisagée, mais les équilibres économiques restent fragiles. Cette évolution des projets de méthanisation en cogénération vers l’injection soulève des enjeux techniques, économiques et réglementaires.
Selon GRDF, un dimensionnement initial de 250 à 300 kWé en cogénération constitue un seuil minimal pour étudier l’intérêt d’une conversion.
La valorisation du biogaz repose principalement sur des certificats, issus d’incitations politiques, et sur la vente de la molécule.
Dans tous les cas, il est essentiel de se faire accompagner par un bureau d’étude méthanisation indépendant de l’installateur dès la phase de pré-étude.
Méthanisation : Pourquoi envisager une conversion vers l’injection ?
Face à la fin des contrats d’achat et aux évolutions du marché de l’énergie, de nombreux exploitants de méthanisation en cogénération s’interrogent sur l’opportunité de convertir leur unité vers l’injection de biométhane.
Cette décision engage l’avenir de l’installation sur plusieurs années. Elle suppose une analyse approfondie des dimensions :
Techniques
Economiques
Réglementaires
Territoriales
Avant d’engager une réflexion approfondie, il est indispensable de bien identifier les enjeux et contraintes.
Une conversion de « co-gé » vers l’injection : en quoi consiste-t-elle ?
La conversion d’une unité de cogénération vers l’injection consiste à remplacer la production d’électricité et de chaleur par une valorisation du biogaz sous forme de biométhane.
Cela implique :
L’arrêt total de la cogénération
L’épuration du biogaz en biométhane
Le raccordement au réseau de gaz naturel
La vente du biométhane injecté via les mécanismes disponibles
Qui peut avoir un intérêt à la conversion ?
La conversion peut présenter un intérêt pour :
Les exploitants dont le contrat d’achat d’électricité arrive à échéance (dans les 3 à 4 ans),
Les unités disposant d’un potentiel de production suffisant pour atteindre un équilibre économique,
Les sites situés à proximité d’un réseau de gaz.
Profil type (selon GRDF)
Une installation pertinente pour engager la réflexion présente généralement les caractéristiques suivantes :
Une méthanisation en cogénération de 250 à 300 kWé (pouvant atteindre 85 à 90 Nm³/h après conversion)
L’obtention de la certification RED 3
Une capacité à supporter de nouveaux emprunts significatifs
Un raccordement au réseau de gaz inférieur à 4 km
Une fin de contrat de cogénération dans un horizon de 3 à 4 ans
Pour ces profils, et pour les installations de plus grande taille, la question de la conversion mérite d’être étudiée.
Contraintes et risques d’un passage à l’injection
Les contraintes sont nombreuses :
investissements lourds (épurateur, chauffage, études & ingénierie, raccordement, augmentation de capacité et modernisation),
certification RED 3 et réglementation ICPE si l’installation est concernée,
nécessité d’obtenir un contrat de vente pour son biogaz.
Les investissements sont généralement financés sur 15 ans. Toutefois, la sécurisation de la valorisation de la production sur le long terme reste complexe.
En effet, hors installations reconnues comme nouvelles (pouvant bénéficier d’un contrat de type obligation d’achat), la commercialisation repose uniquement sur des contrats de gré à gré. Ces contrats s’appuient sur deux mécanismes non cumulables.
Le BPA : un contrat structurant mais technique
Le BPA (Biogas Purchase Agreement) est un contrat de vente de biométhane à long terme entre un producteur et un acheteur.
Lorsqu’il est conclu :
« avec GO » (Garanties d’Origine),
ou « avec CPB » (Certificats de Production de Biogaz),
les Garanties d’Origine ou Certificats de Production de Biogaz associés au biométhane sont également cédés à l’acheteur.
CPB et GO : un marché en construction
À partir de 2026, les fournisseurs de gaz doivent justifier chaque année d’une part croissante de biométhane dans leur portefeuille via les CPB (objectif : 4,15 % en 2028).
Cette obligation réglementaire crée un nouveau marché pour les producteurs de biométhane.
Les Garanties d’Origine (GO) restent, quant à elles, un outil de valorisation volontaire, principalement utilisé dans les offres de gaz vert.
Comme toute incitation d’origine politique, la pérennité de ces dispositifs n’est pas garantie à long terme.
Actuellement (1er semestre 2026), la molécule + CPB trouve preneur autour de 110 €/MWh.
Ce niveau reste :
très limite pour envisager un équilibre économique,
fortement dépendant des spécificités de chaque projet.
Une analyse au cas par cas est donc indispensable.
Deux conseils pour débuter une réflexion sur le sujet
La rentabilité n’étant pas assurée, l’analyse doit être fine. Il est fortement recommandé de s’entourer de professionnels indépendants à chaque étape du projet.
Cerfrance Vendée peut vous accompagner dans votre rélexion. N’hésitez pas à contacter votre interlocuteur habituel ou à nous contacter via ce formulaire : Je souhaite être recontacté ►
Le Fonds hydraulique agricole en Pays de la Loire : un dispositif pour sécuriser l’eau en agriculture
Face aux enjeux de sécurisation de l’eau pour l’agriculture, le fonds hydraulique agricole Pays de la Loire s’articule autour de deux leviers complémentaires permettant d’accompagner les exploitants à chaque étape de leur projet.
Volet investissement : concrétiser vos projets hydrauliques
Le volet investissement vise à soutenir financièrement la réalisation d’équipements et d’infrastructures nécessaires à une gestion durable de l’eau.
Le dépôt des dossiers est ouvert jusqu’au 19 juillet 2026
Un temps d’information est organisé pour présenter le dispositif et répondre à vos questions le lundi 1er juin 2026 de 14h à 15h.
Ce webinaire est l’occasion d’obtenir des précisions sur les critères d’éligibilité, les modalités de dépôt et les projets financés. Inscrivez vous ici ►
Dans le contexte de la crise au Proche et Moyen‑Orient, plusieurs dispositifs de soutien sont maintenus afin d’accompagner les exploitations agricoles.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a prolongé l’aide sur le gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des exploitations agricoles.
Montant de l’aide GNR agricole :
3,86 centimes d’euro par litre pour les livraisons du mois d’avril
15 centimes par litre pour les livraisons de mai jusqu’à la fin de l’été 2026
Date limite de dépôt : Pour les livraisons du mois d’avril, la demande doit être déposée au plus tard le 31 juillet.
Adoptée définitivement le 16 décembre 2025, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) est entrée en vigueur, pour l’essentiel, au 1er janvier 2026 dès sa publication au Journal officiel. Elle comporte plusieurs évolutions majeures qui pourraient vous concerner. Voici les principales mesures à connaître.
LFSS 2026 : Un nouveau congé de naissance pour les non‑salariés agricoles
À l’instar des salariés et des travailleurs indépendants du régime général, les non-salariés agricoles — chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, aides familiaux, associés d’exploitation — bénéficient d’un nouveau congé supplémentaire de naissance indemnisé, pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026. Le dispositif, propre au régime agricole, prévoit deux types de prestations selon les situations :
Allocation de remplacement lorsque l’exploitant se fait remplacer par du personnel salarié pendant la durée d’indemnisation. Cette allocation sera maintenue au niveau de celle existant pour les congés de maternité et de paternité. Elle sera versée par les services départementaux de la mutualité sociale agricole.
Indemnité journalière forfaitaire lorsque aucun remplaçant n’est trouvé, sous réserve de cesser toute activité pendant la durée du congé.
Modalités :
Les durées maximales d’indemnisation sont similaires à celles du régime général.
La demande est à formuler auprès de la MSA.
Les montants précis et modalités seront fixés par décret.
Point d’attention : selon les travaux parlementaires, contrairement aux salariés, les exploitants agricoles pourraient prendre ce congé de manière indépendante, sans l’adosser obligatoirement à un congé de maternité ou de paternité. Le décret d’application devrait préciser ce point.
Cotisations sociales : un nouveau mode de calcul expérimental
Une avancée concrète pour la gestion de trésorerie des exploitations : la LFSS 2026 instaure, à titre expérimental, un troisième mode de calcul des cotisations sociales des non-salariés agricoles.
Actuellement, les cotisations peuvent être calculées soit sur l’assiette triennale (moyenne des trois années précédentes), soit sur l’assiette optionnelle fondée sur les revenus de l’année précédente.
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) ouvre une troisième option : calculer les cotisations sur la base d’une estimation des revenus professionnels de l’année en cours.
Cette expérimentation sera ouverte à compter du 1er octobre 2026 et jusqu’au 31 décembre 2028. Elle permettra notamment d’éviter les décalages de trésorerie liés à une variation importante des revenus d’une année sur l’autre. Une régularisation sera effectuée à l’issue de l’exercice, sur la base des revenus définitifs.
Un décret définira les conditions de mise en oeuvre, notamment le délai pour formuler l’option et les conditions de dénonciation.
Un rapport d’évaluation sera remis au Parlement au plus tard le 31 décembre 2027 en vue d’une éventuelle généralisation au 1er janvier 2029.
Rentes AT/MP exclues de l’assiette des cotisations
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) corrige un effet de bord de la réforme de l’assiette des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants agricoles, entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
Seuls les revenus BIC et BNC issus d’activités agricoles entrent dans l’assiette. La loi clarifie que l’assiette sociale des exploitants ne doit comprendre que les revenus issus des activités commerciales ou non commerciales relevant du régime social agricole, et non l’ensemble des BIC et BNC quelles que soient leur nature.
Régime micro-BIC et micro-BNC : Pour les exploitants relevant de ces régimes fiscaux simplifiés, l’assiette sociale est calquée sur l’assiette fiscale : seul le bénéfice déterminé selon le régime micro est retenu.
Primes d’abattage : Les sommes perçues pour l’abattage d’animaux affectés à la reproduction dans le cadre d’une mesure sanitaire, déduction faite de la valeur nette à l’actif de ces animaux, devraient, sous réserve de l’entrée en vigueur d’une disposition fiscale complémentaire, échapper à la CSG et aux cotisations sociales.
Capital décès : extension des droits des ayants droit
La loi aligne les cas d’octroi du capital décès aux ayants droit d’un non-salarié agricole décédé sur ceux applicables aux assurés du régime général et aux salariés agricoles.
Deux situations nouvelles ouvrent droit au capital décès :
Décès consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle. Jusqu’à présent, le capital décès n’était pas versé dans ce cas aux ayants droit d’un exploitant agricole — contrairement aux règles applicables au régime général. La loi remédie à cette inégalité.
Décès d’un assuré inactif invalide ou titulaire d’une rente AT/MP. Le capital décès est également ouvert lorsque l’assuré était, au cours des trois mois précédant son décès, titulaire d’une pension d’invalidité ou d’une rente d’incapacité permanente associée à un taux d’incapacité supérieur à un certain seuil (qui sera fixé par décret).
Conjoint collaborateur : accès à l’exonération « jeunes agriculteurs »
Depuis le 1er janvier 2022, la possibilité d’exercer en tant que conjoint collaborateur est limitée à cinq ans. À partir du 1er janvier 2027, les conjoints collaborateurs devront opter pour le statut de chef d’exploitation ou celui de salarié.
Pour inciter à ce changement de statut, la loi prévoit que le conjoint collaborateur qui opte pour le statut de chef d’exploitation pourra bénéficier, sous certaines conditions, de l’exonération partielle et dégressive de cotisations sociales réservée jusqu’ici aux seuls jeunes agriculteurs.
Les conditions à remplir : avoir été affilié en tant que collaborateur pendant au moins cinq ans, et s’engager à exercer son activité à titre principal ou exclusif sous le statut de chef d’exploitation pendant au moins cinq ans.
L’exonération sera dégressive sur cinq ans :
65 % la première année
55 % la deuxième
35 % la troisième
25 % la quatrième
15 % la cinquième
Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2027.
Arrêts de travail et indemnités journalières : durcissement du cadre
Les mesures d’encadrement des arrêts de travail s’appliquent également au régime agricole.
Pour les arrêts maladie des salariés agricoles, les nouvelles règles de prescription (plafond de durée, obligation de motivation) s’appliquent à compter du 1er septembre 2026.
Pour les victimes d’AT/MP relevant du régime agricole (chefs d’exploitation, collaborateurs, aides familiaux et associés), la durée de versement des indemnités journalières en cas d’incapacité temporaire est désormais limitée dans le temps.
Une durée maximale fixée par décret s’appliquera aux sinistres intervenus à compter du 1er janvier 2027.
En cas d’incapacité persistant jusqu’à l’expiration de cette durée maximale, l’incapacité sera réputée permanente.
Procédures collectives : alignement sur le régime général
La loi abroge les dispositions spécifiques au régime agricole en matière de remise de pénalités lors d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), qui coexistaient avec les règles de droit commun et créaient des divergences de traitement.
Désormais, les conditions de remise des pénalités, majorations de retard et frais de poursuite dans le régime agricole sont alignées sur celles du régime général : remise automatique sans exception à la date du jugement d’ouverture, sous la seule condition que le passif ne résulte pas d’un travail dissimulé. Cette mesure entre en vigueur au lendemain de la publication de la loi.
Retraite : suspension de la réforme jusqu’en 2028
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) suspend jusqu’au 1er janvier 2028 les mesures de relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et d’accélération de la durée d’assurance requise pour le taux plein, issues de la réforme de 2023.
Concrètement, les assurés nés entre 1964 et 1968 gagnent un à deux trimestres sur leur âge légal de départ.
La suspension s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Cumul emploi‑retraite : refonte à partir de 2027
Le dispositif du cumul emploi-retraite est intégralement refondu pour les assurés liquidant leur retraite à partir du 1er janvier 2027, y compris pour les non-salariés agricoles, avec des adaptations propres à leur régime.
La nouvelle logique distingue trois situations :
Avant l’âge légal de départ (64 ans à terme) : tout cumul est interdit. La pension sera réduite à 100 % des revenus professionnels et de remplacement.
Entre l’âge légal et 67 ans : cumul plafonné avec réduction de la pension à hauteur de 50 % des revenus supérieurs à un seuil fixé par décret.
À partir de 67 ans : cumul intégral possible, avec droit à une seconde pension sans plafonnement.
Cas particulier pour les non-salariés agricoles : La reprise d’une activité non salariée agricole est restreinte aux chefs d’exploitation répondant à certains critères (niveau d’activité, surface minimale d’assujettissement, etc.). En dehors de ces situations, la reprise d’activité agricole entraîne la suspension du service de la pension.
Hausse de la CSG sur les revenus du capital
Le taux de la CSG applicable aux revenus du capital est relevé de 9,2 % à 10,6 %. Sont concernés notamment les dividendes, les plus-values mobilières, les produits de placement à revenu fixe, et les revenus entrant dans les catégories BIC, BA ou BNC lorsqu’ils n’ont pas été assujettis à la CSG sur les revenus d’activité.
Certains revenus restent soumis au taux de 9,2 % : les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance-vie, l’épargne logement et les PEP.
Cette hausse s’applique aux revenus du patrimoine à compter de l’imposition des revenus de l’année 2025, et aux produits de placement à compter du 1er janvier 2026. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe mécaniquement de 30 % à 31,4 %.
La loi de finances pour 2026 introduit un nouveau crédit d’impôt en faveur des exploitants agricoles adhérents d’une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole). Ce dispositif vise à réduire le coût de la mécanisation collective partagée, en soutenant les exploitations qui mutualisent l’utilisation de leurs équipements.
Mécanisation Collective : qui peut bénéficier du crédit d’impôt ?
Créé par l’article 33 de la loi de finances pour 2026, ce crédit d’impôt s’adresse aux exploitants agricoles imposés au régime réel et adhérents d’une CUMA agréée.
Il s’agit d’un dispositif temporaire, applicable sur une période déterminée.
Quelles dépenses ouvrent droit au crédit d’impôt ?
Le crédit d’impôt porte sur les dépenses facturées par la CUMA à l’entreprise agricole, notamment :
les frais d’entretien et de réparation du matériel
les charges financières
les loyers et redevances
Quel est le montant de l’avantage fiscal ?
Taux du crédit d’impôt : 7,5 % des dépenses éligibles engagées sur l’année civile, déduction faite des éventuelles aides publiques perçues.
Plafond : 3 000 € par an et par entreprise, soit 40 000 € de dépenses maximum.
Un amendement prévoyait un montant minimal de crédit d’impôt de 500 €, correspondant à 6 666 € de dépenses minimales. Celui‑ci n’a pas été retenu. Aucun seuil minimal de dépenses n’est donc exigé pour bénéficier du dispositif.
Cas des GAEC
Pour les GAEC, le plafond de 3 000 € est multiplié par le nombre d’associés, dans la limite de 10 000 € par an.
Si le crédit d’impôt excède l’impôt dû, l’excédent est restitué.
Période d’application
Le crédit d’impôt s’applique aux dépenses engagées :
Afin de soulager la trésorerie des entreprises agricoles, l’État déploie une enveloppe de 10 millions d’euros dans le cadre de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) 2025‑2026.
Calendrier et conditions d’éligibilité pour bénéficier de l’avance Influenza aviaire 2025‑2026
La demande d’avance Influenza aviaire 2025‑2026 est ouverte du 13 avril au 15 mai 2026 à 14h00.
Les critères d’éligibilité, identiques aux campagnes précédentes, sont les suivants :
Être exploitant agricole
Disposer d’un numéro SIRET actif
Exploiter au moins un bâtiment situé en zone réglementée
Avoir subi un vide sanitaire prolongé en raison des interdictions liées à l’IAHP 2025‑2026
Un courrier du mandataire en cas de procédure collective
Versement et obligations
Le paiement des avances interviendra à la clôture du dispositif, soit après le 15 mai 2026.
Tout dépôt d’avance devra obligatoirement être suivi d’une demande de solde. En cas d’avance supérieure à l’indemnisation finale, le trop‑perçu devra être remboursé.
La Vendée s’est une nouvelle fois illustrée au Salon International de l’Agriculture 2026, notamment grâce aux résultats obtenus au Concours Général Agricole. Ce rendez‑vous annuel, qui met en valeur le savoir‑faire des producteurs français, confirme la qualité et la diversité des productions vendéennes.
Un palmarès remarquable pour la Vendée au Salon de l’Agriculture 2026
Le département enregistre cette année encore près d’une quarantaine de distinctions. Au sein de ce palmarès, plusieurs entreprises adhérentes Cerfrance Vendée ont été récompensées : 15 prix leur ont été attribués, dont 11 médailles d’Or. Ces distinctions couvrent plusieurs catégories du Concours Général Agricole :
Concours des produits : Produits de l’aquaculture
Concours des vins : Fiefs Vendéens, IGP Val de Loire, Muscadet Côtes de Grandlieu
Concours des animaux : Équidés, Ovins
Félicitations à l’ensemble des lauréats 👏
Ces distinctions témoignent du sérieux, de la maîtrise technique et de l’engagement des exploitants vendéens dans leurs démarches de qualité. Elles renforcent la visibilité du territoire et confirment la place de la Vendée parmi les départements agricoles les plus performants, illustrant à la fois la qualité des productions locales et le savoir‑faire des professionnels.
Une journée dédiée à la Vendée au cœur du Salon
Lors du Salon, une journée spéciale consacrée au territoire a permis de mettre en lumière les filières locales. Les visiteurs ont pu assister à :
des démonstrations culinaires,
des présentations de filières,
des échanges avec des producteurs et éleveurs,
des animations autour des démarches qualité.
Cette mobilisation a rappelé la diversité et la solidité du tissu agricole vendéen.
L’ACRE a profondément été réformée depuis le 1er janvier 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale a recentré l’aide sur un nombre plus restreint de bénéficiaires et réduit de manière significative le niveau d’exonération pour la plupart des travailleurs indépendants.
Pour les exploitants agricoles, toutefois, la situation est très différente : la réforme ne remet pas en cause les règles qui leur sont applicables ! Le législateur a expressément prévu le maintien du régime antérieur, ce qui garantit la continuité de l’ACRE exploitants agricoles en 2026.
Exonérations ACRE pour les exploitants agricoles en 2026
Ainsi, en 2026, un chef d’exploitation ou d’entreprise agricole continuera à bénéficier :
D’une exonération totale de cotisations sociales lorsque son revenu professionnel est inférieur à trois quarts du PASS ;
Entre trois quarts du PASS et un PASS, l’exonération restera dégressive ;
Au-delà, aucune exonération n’est applicable.
Ce régime, demeure donc parfaitement inchangé malgré la refonte générale de l’ACRE.
Les formalités, elles aussi, restent identiques ; aucun changement n’est prévu sur ce point.
Si vous êtes porteurs de projets, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’agence Cerfrance Vendée la plus proche pour vous aider dans vos démarches.
Au 1er janvier 2026, la réforme de l’assiette sociale des non-salariés agricoles est entrée en vigueur. Cette réforme de l’assiette sociale TNSA 2026 vise à simplifier le calcul des cotisations et à améliorer les droits sociaux, tout en garantissant une neutralité financière des salariés agricoles ‑salariés agricoles.
Une assiette simplifiée et harmonisée
La réforme supprime l’ancienne assiette CSG/CRDS, qui reposait sur un mécanisme complexe incluant les cotisations elles-mêmes. À sa place, une assiette unique est instaurée. Elle repose sur les règles existantes mais dans une version harmonisée, plus cohérente entre cotisations et contributions sociales.
Fin de la déductibilité des cotisations
La principale différence tient à la fin de la déductibilité des cotisations sociales : celles-ci ne pourront plus minorer l’assiette. Cette modification entraîne mécaniquement la disparition de la déduction liée à l’« à-valoir ».
Dispositifs maintenus pour les exploitants
Pour le reste, la réforme maintient les dispositifs déjà connus des exploitants :
épargne de précaution
neutralisation des plus‑values long terme
DJA
étalement des revenus exceptionnels; etc.
Des barèmes modernisés
Pour garantir une neutralité financière globale, les barèmes sont adaptés.
La cotisation maladie devient progressive : elle restera à 0 % pour les très faibles revenus, puis augmentera graduellement jusqu’à 8,5 % pour les revenus correspondant à 300 % du PASS.
La retraite complémentaire obligatoire suit la même logique avec l’introduction d’une part progressive.
Enfin, les cotisations vieillesse agricoles convergeront progressivement vers un barème unique d’ici 2029.
Ces évolutions répondent à l’objectif affiché : réduire la part des contributions non génératrices de droits au profit des cotisations qui améliorent directement les droits retraite des exploitants.
Une transition progressive en 2026
L’année 2026 sera une période transitoire puisque jusqu’en septembre, les appels de cotisations continueront d’être calculés sur l’ancienne assiette. La bascule vers la nouvelle assiette n’interviendra qu’à partir d’octobre, une fois la déclaration annuelle sera réalisée.
Quels impacts pour les exploitants agricoles ?
Si la réforme de l’assiette sociale TNSA 2026 ne vise pas à augmenter les cotisations, les effets seront différents selon la situation des exploitations.
Les plus petits revenus devraient bénéficier d’une progressivité plus favorable, tandis que les revenus plus élevés devraient voir leurs cotisations évoluer à la marge, sans hausse globale.