Agrivoltaïsme : de quoi parle-t-on ?

Agrivoltaïsme : de quoi parle-t-on ?

Définition de l’agrivoltaïsme

L’agrivoltaïsme représente le « couplage entre production photovoltaïque secondaire et production agricole principale, en permettant une synergie de fonctionnement démontrable ».

Exemples d’agrivoltaïsme

Ces systèmes se développent par exemple avec des mats photovoltaïques sur des parcours de volailles, des couvertures photovoltaïques sur des serres maraîchères ou encore des ombrières dans les champs.

Que faire de l’énergie produite ?

L’énergie produite est vendue à un acheteur d’électricité via le système d’appel d’offres (pas de prix réglementé).

agrivoltaîsme 2

Quelles sont les modalités de l’agrivoltaïsme ?

L’ADEME s’est emparée du sujet. Elle prévient qu’aujourd’hui les expérimentations se développent et les retours sont encore peu nombreux. Son travail d’analyse et de recommandation se poursuit.

Les aspects techniques et financiers doivent être analysés en fonction des besoins des exploitations, des valeurs ajoutées attendues, des points de
vigilances techniques et réglementaires, et des aspects juridiques et financiers.

Ce sujet fera l’objet d’un prochain dossier complet !

✏ Fabien Humeau et Paul Cocault – Conseillers experts en Energie et Agronomie à Cerfrance Vendée

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Une dynamique moins forte dans les conversions bio 2020

Une dynamique moins forte dans les conversions bio 2020

Le nombre de fermes en Agriculture Biologique (AB) à Cerfrance Vendée continue d’augmenter. 285 adhérents sont engagés dans cette démarche à fin 2020, soit une évolution de +9% par rapport à l’année précédente. Toutefois, la dynamique des conversions bio 2020 ralentit.

Conversions bio 2020 : une dynamique en baisse due à la situation sanitaire ?

La dynamique de conversion, toujours présente, s’est ralentie depuis le printemps 2020. Le contexte sanitaire particulier de cette année a certainement joué un rôle non négligeable. Mais la filière bio cherche aussi à mieux se structurer. Même si le marché bio poursuit sa croissance, les opérateurs sont plus mesurés pour aller chercher de nouveaux producteurs bio.

Les estimations régionales faites par le réseau Bio (CAB*, à partir des données publiées par l’Agence Bio) confirment cette tendance. 740 fermes bio en Vendée (soit + 15 %) représentent désormais plus de 49 000 ha (soit 10,50 % de la SAU vendéenne).

*CAB : Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire

Conversion bio 2020 : différentes filières concernées

Les fermes bio à Cerfrance Vendée sont toujours d’une grande diversité (cf répartition ci-dessous) :

  • 30% des fermes sont en élevage bovin (lait ou viande),
  • Une production de volailles est en place dans presque 40% des fermes,
  • Les cultures de vente sont majoritaires dans 40% des cas. Le nombre de fermes céréalières bio continue de progresser.

Les tendances pour 2021 de la conversion bio

A ce jour, on constate un ralentissement ou un décalage des projets de conversions bio ​pour les systèmes déjà en place. Par contre les conversions bio liées à des installations sont en hausse.

Les projets d’installations Bio sont toujours nombreux, à l’image de l’année 2020 : les installations JA bio représentaient 1/3 des installations JA aidées.

L’un des enjeux de la filière concerne les transmissions des fermes bio à céder pour les années à venir : d’une part pour maintenir les terres en bio, et d’autre part pour que la filière puisse poursuivre son développement.

En effet, la consommation des produits bio en 2021 devrait continuer de croître, comme le montre la dernière étude de l’Agence Bio (18e baromètre de consommation et de perception des produits bio en France).

L’enjeu majeur en 2021 sera de maintenir les équilibres sur l’ensemble de la filière Bio, avec de nouveaux opérateurs arrivant sur ce marché.

Des décisions réglementaires et politiques essentielles pour l’avenir de la filière

Les évolutions règlementaires sont significatives au niveau national, notamment sur l’utilisation des effluents d’élevage (Interdiction d’épandage des effluents industriels sur les terres bio), la mise en conformité des bâtiments porcs, et le logement et la sortie des jeunes ruminants (veaux).

Au niveau européen, la nouvelle règlementation entrera en vigueur au 01/01/2022.

Mais le point clef reste l’accompagnement des politiques publiques et l’évolution de la PAC à compter de 2023. Les discussions sont vives actuellement sur ce sujet, et les enjeux sont conséquents pour la pérennité et le développement de l’AB. Les moyens mis à disposition seront-ils à la hauteur des ambitions, tout en permettant de sécuriser et structurer la filière ?

Rappelons seulement les objectifs fixés jusque-là pour la production agricole :

  • 15 % de la SAU française en bio en 2022 (Programme « Ambition bio » coordonné par le ministère de l’Agriculture et les acteurs agricoles)
  • 25 % de surfaces en bio en Europe en 2030 (Commission européenne)

✏ Christelle Guichard – Conseillère spécialisée en Agriculture Biologique à Cerfrance Vendée

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Méthanisation et gestion des digestats : des enjeux multiples

Méthanisation et gestion des digestats : des enjeux multiples

Quelle que soit la dimension de votre projet de méthanisation. Que celui-ci soit individuel ou collectif. Deux options principales s’offrent à vous concernant la gestion des digestats : répondre au cahier des charges
DIGAGRI ou pas.

Méthanisation et gestion des digestats : les avantages et inconvénients du cahier des charges DIGAGRI

Répondre au cahier des charges DIGAGRI, correspond à s’engager sur des obligations de moyens et de résultats :

  • Moyens : liste d’intrants autorisés, temps de séjour, process,
  • Résultats : qualité agronomique, biologique et sanitaire

L’avantage est de pouvoir se passer d’un plan d’épandage. Autrement dit le digestat devient un produit qui peut être valorisé sur des terres agricoles. Ceci, sans nécessiter une étude de plan d’épandage dans le cadre du dossier ICPE.

L’inconvénient principal est un suivi analytique plus régulier et coûteux des digestats que dans le cadre d’un plan d’épandage.

Méthanisation et gestion des digestats : et le plan d’épandage ?

Lorsque l’on se trouve en situation d’autosuffisance de surfaces pour les digestats, le plan d’épandage reste très approprié. Dans ce cadre le suivi du plan d’épandage est très similaire à celui d’un élevage, avec le respect de
distances d’épandage, de pression azotée…

Il peut aussi s’avérer nécessaire de disposer de prêteurs de terres. Il faudra alors gérer les bons de livraison et le respect des contrats de mises à disposition.

Répondre au cahier des charges DIGAGRI

En répondant au cahier des charges DIGAGRI, il n’est donc plus nécessaire de disposer de plan d’épandage.

L’intérêt est grand pour les projets méthanisations qui nécessitent des mises à disposition importantes de surfaces d’épandage. Les évolutions des structures agricoles obligent ainsi à des mises à jour régulières et des démarches administratives assez lourdes.

De plus, avec un digestat « DIGAGRI » vous pourrez envisager une valorisation des digestats hors des surfaces exploitées par les
porteurs de projet, et par exemple des échanges digestat-CIVE.

En méthanisation collective, la gestion des digestats dépasse l’enjeu réglementaire

les associés sont à la recherche de règles de fonctionnement partagées et acceptées de tous. Si les digestats « DIGAGRI » permettent de s’exonérer de plan d’épandage, cette souplesse ne répond pas à bien d’autres questions que se posent les associés.

Les objectifs sont alors généralement les suivants :

  • conserver collectivement le plus possible de matière fertilisante (dans le respect de la réglementation) et les utiliser au mieux pour fertiliser sols et cultures,
  • établir des règles de répartition (clé d’échange) du digestat en lien avec les apports d’effluents entre associés pour répondre à des objectifs « d’équité »,

Pour cela, il faut utiliser des informations partagées, réaliser des diagnostics individuels. Mais également se donner les moyens de gérer au fil du temps les répartitions de digestat entre associés. Ce suivi permet aussi d’anticiper les besoins en stockages, ainsi que la logistique associée.

Informations à collecter, analyser, partager pour piloter et prendre des décisions:

Pour ce faire, il est souvent nécessaire de faire appel à des conseils spécialisés qui sauront simplifier la vie des dirigeants. Mais également leur donner des éclairages réglementaires ou encore des appuis méthodologiques pour prendre des décisions sur la gestion des digestats.

Mais au-delà du suivi réglementaire, logistique et de la vie « collective » de ce plan d’épandage, vous serez aussi amenés à voir plus loin. Comment optimiser les pratiques de fertilisation à base de digestats, les faire évoluer, les suivre ? Les groupes de progrès vont alors travailler les sujets de l’évolution de la matière organique (des matières organiques !), de la volatilisation, de l’absorption (analyses de sèves) …, pour progresser
et réaliser des gains agronomiques.

✏ Fabien Humeau et Paul Cocault – Conseillers experts en Energie et Agronomie à Cerfrance Vendée

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La stratégie bas carbone : une opportunité pour l’agriculture

La stratégie bas carbone : une opportunité pour l’agriculture

La stratégie bas carbone : une dimension internationale

L’Europe et la France se sont engagées à la neutralité carbone en 2050. C’est à dire que les émission de gaz à effet de serre (GES) résiduelles doivent être compensées par la séquestration dans les océans, les forêts, mais également les haies et les prairies.

Une accélération de cette « révolution » a été décidée avec un engagement de réduction des GES de 55% dès 2030 en Europe. Ce mouvement est planétaire puisque la Chine a décidé d’atteindre cette neutralité en 2060.

Dans tous les secteurs d’activité, des décisions fortes sont prises : interdiction du chauffage au gaz dans les maisons neuves dès l’été 2021, Peugeot déclare arrêter la production de voitures thermiques (diesel, essence) dès 2030…

La stratégie bas carbone : un levier de communication

En parallèle, des entreprises voient dans le carbone une possibilité de verdir leur image en communiquant sur la compensation carbone de leur activité. Des particuliers souhaitent compenser le carbone de leur billet d’avion. Tous ces éléments permettent aujourd’hui d’actionner un marché du crédit carbone et de rémunérer les efforts pour réduire les émissions de certains secteurs d’activité.

L’agriculture : rôle majeur dans la stratégie bas carbone

L’agriculture a un rôle pivot à jouer dans cette « révolution ». Ceci, car elle est fortement émettrice et possède de nombreux leviers d’action pour réduire ses émissions. Elle est également d’une des rares activités à pouvoir séquestrer du carbone. L’agriculture aune opportunité pour rémunérer des efforts qui pourraient devenir contraints demain.

Des stratégies structurées

Toutes ces stratégies, basées sur une rémunération des résultats constatés, sont structurées selon le modèle suivant :

Le diagnostic initial indique la situation de départ et le diagnostic final, la situation finale après la mise en œuvre des actions choisies.

L’échelle de temps peut être variable selon les stratégies.

Les stratégies bas carbone de l’agriculture

Quelques démarches bas carbone sont validées dans le domaine agricole et de nombreuses autres sont en cours d’élaboration :

La démarche portée par France Carbonagri pour les filières des ruminants est l’une des premières à avoir été reconnue par le ministère. Elle est à ce jour, la plus connue. Une stratégie basée sur la valorisation du bocage, appelée « carbocage » a également été reconnue par le ministère fin 2020.

Des stratégies portées par des entreprises privées seront également disponibles. L’une d’entre elles existe déjà dans le domaine des grandes cultures (Programme Soil Capital Carbon) portée par une entreprise belge.

Plusieurs stratégies vont apparaitre au cours de l’année 2021 dans les différentes filières (porcs, méthanisation…).

La rémunération des crédits carbone est basée sur les réduction des émissions nettes de carbone et/ou du tonnage de carbone séquestré, réellement observées sur cette période. Ainsi, en fonction de la stratégie bas carbone, un compte sur les crédits carbones peut être sollicité dans les premières années. Mais attention, les résultats devront se concrétiser, sans quoi ces avances seront à rembourser.

Des gains sur le long terme

Les gains financiers sont parfois limités. Mais, toutes ces stratégies bas carbone sont des démarches de progrès. Elles doivent concilier réduction des émissions et amélioration de la rentabilité de l’exploitation.

Rapidement, un choix dans les différentes stratégies pourraient s’avérer nécessaire. Ceci, pour choisir celle qui sera la plus adaptée aux caractéristiques de l’exploitation et aux efforts envisagés.

✏ Fabien Humeau et Paul Cocault – Conseillers experts en Energie et Agronomie à Cerfrance Vendée

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Appel à projet PCAE Elevage : nouveaux projets et évolution du budget

Appel à projet PCAE Elevage : nouveaux projets et évolution du budget

PCAE Elevage : nouveaux projets et budget

Comme chaque année, l’appel à projet PCAE élevage est ouvert sur 2 périodes. Le prochain s’ouvrira le 1er juin. Par ailleurs, le PCAE fusionne avec une partie du plan de relance pour le financement de nouveaux projets sur la partie Biosécurité et Bien-être animal.

Quelles dates pour ce nouvel appel à projet PCAE élevage ?

Le 2ème appel à projet du Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Entreprises (PCAE) Elevage s’ouvrira le 1er juin 2021 et se clôturera ainsi le 15 septembre 2021.

Quelles sont les modalités pour réaliser ce nouvel appel à projet PCAE élevage ?

En supplément des projets habituellement éligibles, le PCAE sera lié à la partie du plan de Relance sur la Biosécurité et le Bien-être Animal. Aussi, l’enveloppe dédiée à la partie biosécurité et bien-être animal est de 10 millions €.

Par conséquent, de nouveaux formulaires seront mis à disposition et les montants vont être revus à la hausse.

La liste des investissements éligibles est en cours de finalisation et sera donc disponible prochainement.

Quels seront les nouveaux taux appliqués ?

Pour les dossiers de « base », le taux passera de 25% à 30%. Le montant plancher sera de 5 000€. La transparence GAEC pourra s’appliquée, y compris pour la filière volaille.

Qui est éligible à ce nouvel appel à projet PCAE élevage ?

Toutes les filières sont concernées hormis l’apiculture qui disposera d’un dispositif spécifique.

Une exploitation peut déposer 1 dossier par filière par an et 2 dossiers maximum. Dans le cas où l’exploitant a 2 projets différents dans une même filière et que l’un des deux projets concerne le bien-être animal et la biosécurité, alors il pourra déposer ses 2 projets.

Ainsi, si vous avez plusieurs projets, il est conseillé de cibler les dossiers bien-être animal et biosécurité sur 2021.

Une exploitation qui a obtenu un PCAE sur la période 2015-2020 peut également être éligible si la demande de solde du projet précédent a été faite.

Le dossier de demande devra-t-il toujours comporter des devis ?

Oui et ils ne devront pas être signés pour être éligibles. De plus, les demandes pour les nouveaux investissements devront présenter plusieurs devis.

Céline Petitpas – Conseillère spécialisée à Cerfrance Vendée